l’ère de la paléotomobile

Ford Escort Break entièrement démonté, découpée et décapée par mes soins : je veux renvoyer certaines  créations industrielles  de l’homme à un passé comparable à l’ère des dinosaures, créatures dont les restes sont visibles dans les musées.  L’artiste plasticien devient  le squeletteur des grandes inventions humaines et recourt au musée pour légitimer sa reconstitution du futur. Cette Ford est une étude grandeur nature m’ayant permis de réfléchir au projet d’une paléontologie spécifique, une postmodernité élargie.

J’ai pu décaper la couleur rouge de cette Ford en pensant m’attaquer à la peau vive d’une marque historique : Ford est le premier industriel à avoir fabriqué des automobiles en série (ou en masse, c’est comme on veut).

Il m’apparaît maintenant clairement que la mise en squelette concernera avant tout des grosses cylindrées, des 4 X 4 ou des biens de consommations emblématiques, parce que notre société est engagée dans une escalade pour  laquelle on peut s’interroger sur sa monstruosité. La démesure s’impose dans un premier temps comme outil de réflexion, elle me permettra de dialoguer avec mes contemporains qui questionnent  l’animalité, le luxe et la volupté.

Mon parcours personnel, en 20 ans,  s’est résumé à faire passer le corps derrière le tableau pour n’en conserver que la peau, la couleur et la sensualité. Maintenant, j’aborde l’homme objectivement ; cela se présente comme une fiction mais c’est une sorte de chroniques terriennes qui commence à s’écrire.

2 thoughts on “l’ère de la paléotomobile

  1. escort girl
    J’adhère complètement au projet. De plus, tu « colles » à la crise, Ford est bientôt fini ? Le pic pétrolier est atteint ? En reprenant tes références, je me suis souvenu que je fais découvrir chaque année à mes élèves de première un texte de Barthes sur la DS tiré justement de « Mythologies », en voici un extrait : Dans les halls d’exposition, la voiture témoin est visitée avec une application intense, amoureuse: c’est la grande phase tactile de la découverte, le moment où le merveilleux visuel va subir l’assaut raisonnant du toucher (car le toucher est le plus démystificateur de tous les sens, au contraire de la vue, qui est le plus magique): les tôles, les joints sont touchés, les rembourrages palpés, les sièges essayés, les portes caressées, les coussins pelotés; devant le volant, on mime la conduite avec tout le corps. L’objet est ici totalement prostitué, approprié … »
    C’est bien non ?

  2. C’est physique!
    C’est vraiment physique. je fais corps à corps avec les fils et les filles de Ford, il y a de l’huile partout.
    A propos de crise, j’entreprends une expédition en Afrique pour retrouver les traces des premières paléotomobiles, « lucide in the sky » et bonjour à Coppé!

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