Un matériau plutôt qu’une œuvre

Je ne me considère pas concessionnaire d’un style mais rédacteur de fictions visuelles. Je suis conscient que cela ne facilite pas l’identification de ma démarche. Je suis producteur d’un dialogue entre des formes et des espaces, l’œuvre se produit dans un moment qui comprend sa forme, sa visibilité mais aussi quelque chose qui relève du parcours.

Au commencement de ce projet lié aux affiches récupérées dans la rue, c’est le désir de fabriquer un matériau plutôt qu’une œuvre. Un matériau de base, capable de tout, capable de refaire le monde, capable de nous interroger sans fin, capable de divertir le public, capable de jouer sur plusieurs dimensions. Les Nouveaux Réalistes avaient raison de s’intéresser à l’affiche lacérée  mais ils n’étaient pas obligés d’en faire des tableaux.

Sur les murs de mon atelier, je fais sécher les affiches bien à plat (cela demande beaucoup d’agrafes) selon un échantillon de formats inspirés des journaux que je stocke . Le journal était une unité de mesure dans le passé, je garde ce concept pour la notion de temporalité qu’il possède

.

J’imagine toutes sortes d’installations, comme le dallage, le cercle, le livre, le cube… J’aimerais laisser les visiteurs produire des formes afin qu’ils me renvoient leurs pensées, leurs imaginaires.

Produire, ce n’est pas achever une pensée.  Je formalise mes idées par des installations qui tentent de ne pas fermer l’œuvre. Je veux des productions autonomes, qui traversent le temps et savent se renouveler.

Petite performance: je me suis déguisé en vétéran et je suis retourné sur les lieux, un an après avoir arraché les affiches électorales

Autre performance: marcher sur l’art pour mieux repeindre les murs…

Et puis ce petit montage sonorisé entre politiques et spectacles/musiques, puisque tels sont les contenus des affiches

 

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