Produire, communiquer

6 pupitres en bois de châtaignier issus de récupération: lames de parquet, planches d’escalier, circuits informatiques. Chaque pupitre est accompagné d’un micro sur pied servant de haut-parleur et relié à un lecteur qui diffuse un montage aléatoire d’extraits sonores issus de  la télévision à 20 heures. Ces pupitres ont été conçus lors de ma première commande publique, à Rennes, où je constatai que les élus avaient décidé de réaménager un quartier sans vraiment faire accepter leur projet par la population. L’œuvre traduit ici une certaine difficulté à communiquer pour les élus : parler la langue de bois, tourner en rond… J’ai renversé les fils du discours avec ces pupitres, j’ai retourné la parole de celui qui parle. Parler, c’est d’abord écouter. Le fil argenté des circuits imprimés est venu faire écho au fil du bois. Le pupitre s’est imposé comme espace pouvant accueillir un rectangle de circuit imprimé destiné à être lu en public. La disposition des pupitres en vis-à-vis tient d’un parti pris ludique où se dénoncent les joutes (élect)orales fécondes en promesses non tenues. J’ai commencé par créer des binômes jusqu’à créer un hexagone pour occuper correctement l’espace. Le public peut prendre la place de l’orateur, poser ses mains sur les angles, tourner en rond, se convaincre d’exister par la parole. Il peut aussi, grâce aux sons faiblement diffusés, se positionner dans l’actualité. Cette installation est une pièce fantôme, un espace à occuper par le vide.

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