Pelotes de réjection, étude Srebrenica

 

Comment digérer la complexité de nos espaces?

Ces pelotes de réjection se présentent comme une première étape émétique pour la digestion de notre temps.

On gagne sa vie à produire toutes sortes de choses: des biens de consommation, des poèmes, des soins mais aussi des poubelles, des prisons et des discours. Je suis sûr que tout cela a son utilité, ne serait-ce que pour être rejeté.

Je n’ai pas travaillé ces pelotes de plâtres moulés en pensant à Srebrenica mais c’est en traversant les Balkans cet été que j’ai pensé au martyre de cette ville, emblématique rejet dont on se demande quel sera le prochain.

Je pourrais m’enfermer dans mon atelier pour produire des oeuvres comme d’autres ont passé leur temps à prier pour que le monde aille mieux. Les prières ont disparu, on ne sait pas si le monde va mieux mais les espaces qui  ont produit les prières font références.

Je voudrais que mes pelotes de réjection soient un moyen de dépasser les choses qu’elles évoquent. Je ne transformerai jamais mon atelier pour en faire une concession chargée d’exploiter un modèle déposé. Je guette les opportunités afin de provoquer, sous forme d’installations in situ, des rencontres pertinentes. Tout comme l’écriture qui me permet d’articuler des mots, des sons et des pensées. Ces pelotes m’intéressent dans la mesure où leurs formes croisent la pensée et le visuel. 

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