Cônes de lectures (Tumulus nature-culture)

Projet pour le massif du Sancy

 

 

 

 

 

Le promeneur apporte la fluidité de ses pensées, lesquelles prennent formes sous ses pas comme des tectoniques hybrides. L’accumulation murale des livres est à rapprocher des traditions observées, comme les tas de pierres ou les drapeaux à prières. Le promeneur n’est pas perturbé par un exhibitionnisme culturel  mais accompagné dans son voyage par des suggestions de lectures, des pensées votives, des souvenirs partagés. Au risque d’oublier un titre, il vaut mieux ne faire allusion à aucun texte. Eventuellement, on pourrait questionner les promeneurs pour connaître leurs préférences : quels textes se verraient-ils placer ?

 

Un cône de lectures sans un seul mot visible, ne dépassant pas la taille humaine afin de ne pas couper le paysage au regard du promeneur.

Un cône noir pour contraster avec la verdoyance des lieux, la tranche colorée des livres de poche pour dire le bonheur d’associer nature et culture. Le cône est une forme qui fait référence aux volcans, certes, mais c’est aussi la construction primitive des sépultures religieuses. On pourra penser qu’un volcan éteint est aussi fort que la mémoire d’un disparu. Rupture et continuité : il faut parcourir des distances vides de toute habitation pour se rapprocher de l’humanité.

 

La matière noire du cône est d’abord minérale, le temps décidera du végétal. Quand l’artiste se permet de poser une œuvre dans la nature, il laisse une place à l’im-prévu. C’est la logique de l’in situ. La tranche des livres jouera  sur les mots : quand le cône tumulus  sera intégré au paysage, par contraste, le mur de pages fera rupture dans le paysage.

 

Nature contre culture : une position formelle constructive. D’un côté, pour commencer, élévation d’un mur de livres de poche, ouvrages embarqués par les promeneurs du Sancy, au milieu des provisions de bouche et des bouteilles d’eau. Ces livres sont solidement maintenus par une armature de type jambes de force,  ils sont collés entre eux  puis vernissés. L’expérience a montré que toute installation non surveillée est sujette au vandalisme : il faudra donc songer à un solide empierrage. Le vernis (éventuellement, une résine) permettra aux livres de conserver une apparence non dégradée. Un contrat sera passé avec une entreprise locale spécialisée dans les espaces verts pour surveiller les progrès de la nature

 

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